Né à Amiens, le 26 mai 1946, Jacques Estève-Esthom a vécu dès son plus jeune âge dans le milieu artistique.
C’est à l’âge de 6 ans qu'il commença à dessiner en suivant son père Rémy Estève, artiste peintre connu particulièrement pour ses abstraits et son art sacré. Ils parcouraient ensemble la campagne picarde à la recherche de sujets d’inspiration. Et c’est presque que naturellement qu’il se dirige vers les études artistiques, dès l’âge de 14 ans, en entrant aux beaux arts d’Amiens, sa ville natale.
En 1961, à l’âge de 15 ans, Jacques Estève fait une rencontre extraordinaire avec Alfred Manessier, peintre de notoriété mondiale, invité au Salon International de Peintures et de sculptures d’Amiens au Musée de Picardie. Comme Rémy Estève, son père, et Alfred Manessier se connaissaient depuis le Lycée, le jeune artiste eu le privilège de bénéficier de cette amitié et ainsi pouvoir participer aux échanges d’idées sur l’art et leurs créations personnelles.
Ce jeune passionné d’arts plastiques, diplômé des Beaux Arts d’Amiens avec le premier prix de sculpture en 1966, poursuit ses études artistiques des Arts Décoratifs de Paris durant trois ans. Il obtiendra le diplôme de l’A.N.S.A.D. en architecture d’intérieur en 1969.
En décembre 1965, à l’âge de 19 ans, Jacques Estève Esthom est invité à exposer avec des peintres confirmés à la Galerie 56, dans le cadre du Grand Prix de Peinture de Dieppe.
Dès l’année 1966, il participe à une exposition de groupe au Salon Albertin de la région Picardie et obtient le prix du LIONS CLUB pour l’originalité de son œuvre (peinture et sculpture). Ce prix étant destiné à encourager un talent prometteur à la fois pour sa personnalité et ses qualités artistiques. A cette première exposition, il prend son pseudonyme ESTHOM, contraction de ESTEVE et de THOMAS, le nom de sa mère.
Durant toutes ces années d’études, il partage avec son père un grand atelier, un hangar métamorphosé, situé rue des Jacobins à Amiens. Le jeune artiste réalise dans son atelier amiénois de nombreuses sculptures et peintures. Cet atelier très animé par la visite d’artistes français mais également étrangers fut pour le jeune artiste une fructueuses période de création notamment en sculptures.
En février 1967, Jacques Estève-Esthom fait sa première exposition personnelle de peintures et de sculptures à la Galerie d’Art à Amiens. Lors de cette exposition, Monsieur Robert Mallet, Recteur d’Académie d’Amiens puis de Paris et Homme de Lettres, manifeste une vive attention devant ses sculptures. A cette occasion, le jeune artiste rencontre Jef Friboulet, peintre très connu déjà à l’époque au niveau international. Très vite une amitié naît. Jef encourage vivement l’artiste à poursuivre dans cette voie et l’invitant même à travailler quelque temps dans son grand atelier à Fécamp. Appréciant ses sculptures, Jef propose un échange d’œuvres artistiques.
L’année suivante, en mars 1968, il est invité à exposer en Allemagne avec son père Rémy Estève dans les Musées d’Essen et de Dortmund. Il expose une quarantaine de sculptures et de graphismes.
De mai 1969 à septembre 1970, l’artiste effectue son service militaire à Paris. Au retour de l’armée, il travaille en tant qu’architecte d’intérieur à Paris pendant une dizaine d’années.
En 1978, Jacques Estève quitte la région parisienne pour le midi, à Vallauris, où il travaille la poterie avec différents potiers de la ville (rencontre avec Jean Marais). Parallèlement, son beau-frère, Jean-claude Leducq, prothésiste dentaire et également artiste peintre, lui permit avec son matériel professionnel de créer des bijoux en pièce unique.
Durant cette période de 1978 à 1982, Jacques Estève-Esthom participe également à de nombreuses expositions dans les galeries et les différents salons de la région méditerranéenne. Plusieurs de ces œuvres sont primées notamment à Saint Raphaël lors du IIème Grand Prix International d’Arts Plastiques. Il expose en groupe à Monaco. Il est l’invité d’honneur du Salon des Amis des Arts et des Lettres de Menton.
Il expose au Musée Napoléonien de Golfe Juan en 1980. Lors de cette exposition, Jacques Estève est très honoré de la visite de Cottavoz, artiste peintre de renommée mondiale, qui apprécie son œuvre et l’invite à visiter son atelier.
Après cette longue période, nouvelle étape de sa vie, il repart dans sa Picardie natale rejoindre son père dans l’atelier familial à Plachy-Buyon dans la Somme en Picardie. Il entre ensuite dans le corps enseignant en 1983 à l’Ecole de La Salle à Amiens en section Arts Plastiques. En 1983, la Mairie de Roye l’invite à exposer ses graphismes et ses sculptures à l’Hôtel de Ville. Suivront des expositions dans différents salons picards dont entres autres à Corbie, au Centre Culturel « Les Gémeaux » dans le Château de Querrieu.
En 1989, il obtient le prix spécial du Jury au salon de Poix et reçoit le Grand Prix de l’Académie d’Amiens sur le thème « Bicentenaire de la révolution française ». Cette même année, il réalise au sein de son école, l’agencement intérieur de la chapelle avec une grande fresque de 40 m² sur le thème le « partage du pain » et sept vitraux sur les sept éléments de la vie (l’huile, la naissance, la prière, l’eau, le vent, l’air, le feu). Cette chapelle a été bénie par Monsieur Jacques Noyer, Evêque d’Amiens.
En 1990, le Centre Culturel d’Albert l’invite pour fêter ses 25 ans de création artistique autour d’une grande rétrospective d’une centaine d’œuvres (peintures, sculptures, graphismes et terres cuites). Lors de cette grande exposition, l’artiste a eu le privilège sur un jeu d’échecs qu’il a créé et réalisé, de jouer avec Etienne Bacrot, qui à l’époque était âgé de 6 ans et déjà champion de Picardie dans la catégorie poussin et devenu par la suite grand maître international.
Jacques Estève Esthom a réalisé d’autres jeux d’échecs originaux sur les thèmes de la musique, les animaux et figures érotiques. Il faut dire que Jacques Estève est passionné par ce jeu et d’ailleurs il a formé un club d’échecs dans la Somme en 1984 et participé à quelques tournois dans la région picarde.
Toujours en 1990, il expose une trentaine de toiles sur la musique au « Miroir à facettes » à Campeaux dans l’Oise. Cette exposition fut inaugurée d’un concert d’instruments à corde avec Christophe Bianco au violon et Jacques Bernaert au violoncelle.
Cette expérience de vernissage d’exposition accompagnée d’artistes musiciens fut renouvelée plusieurs fois, notamment à l’Université d’Amiens, à Campeaux, à Poix, à Aumale.
En 1992, a lieu une grande exposition au Casino de Forges les Eaux en Seine Maritime sur le thème « musique et couleur » comprenant une cinquantaine de peintures.
Autre grande exposition à « l’arbre à cœur » à Liomer en Seine Maritime où Jacques Estève-Esthom fut parrainé par l’artiste Juliette Greco, très sensible à son art.
En 2002, il réalisa une sculpture extérieure en métal de 3 mètres de haut dans le cadre des championnats du monde d’attelage à Conty ; cette sculpture se situe dans le village de Nampty (Somme).
Le 8 mai 2005, son père Rémy Estève décède à l’âge de 88 ans. Jacques en fut très affecté bien sûr par le lien familial mais aussi par la complicité qu’ils partageaient ensemble.
En novembre 2007, Jacques Estève prend sa retraite de l’enseignement et se consacre à plein temps à son art. Il entre alors dans une période de réflexion et de remise en cause sur les différentes techniques et thèmes de production. Pendant cette période, il travaille sa sculpture en extérieur, exposant chaque année sur un nouveau thème au jardin du CLOS ALEXANDRE.
Suite à son long parcours artistique et grâce à sa grande diversité d’expressions plastiques, il s’est fait connaître auprès des amateurs et collectionneurs d’art.
Actuellement, il travaille le métal, particulièrement l’aluminium pour de nouvelles créations en volume, surtout sur le thème de la musique mais aussi sur celui de ses animaux favoris (le cheval, le taureau, le chat, le singe, les grands oiseaux) et les personnages.