L’univers de Jacques Estève peintre et sculpteur révèle ses évidences et ses mystères. Habités par les figures humaines (presque hanté), il est peuplé d’êtres qui se dégagent de la matière, qui cherchent leurs réactions, dans l’élan et le mouvement des formes, entre l’ammonie des corps et le déchirement.
Les sculptures sont significatives de cette recherche expressionniste : des personnages au corps allongé, aminci (femme lisant, femme se coiffant, aux membres pareils à des branches) ou grossi par la fécondité. La matière creusée, tracée, marquée par le temps accentue la vérité singulière de ces gestes, de ces attitudes. On retrouve cette vérité dans le buste très soble du chef d’orchestre dans « l’imposant personnage », dans l’équilibre bleu sur une roue verte, dans l’acrobate, dans le matador tendant sa cape, dans les rameurs.
La qualité des matières et leur raffinement sont très perceptibles dans les céramiques, fantastiques ou baroques ; L’œuf, femme sortant d’un galet, découverte d’une civilisation ancienne.